208 08
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I.
Avec un tel recul difficile de conclure
La morale est lâche et le jugement fragile
L'absence du Vrai justifie le Tout
Sinon de laisser des cendres la raison m'indiffère
Bien qu'elle efface en corps la couleur du sang
A la cime du gouffre d'où l'on s'émeut le rouge domine le gris
Ainsi je m'assure une panoplie de plaies pathétiques
Et j'entame coupable et fière la danse gauche des écorchés
Et mort-de-vie s'entraîne à crever les yeux de ses contemporains
Misérables et rendus
Avachis mais debout
Ecarlates mais enfin
S'il savaient...
II.
Le délié dessert l'espace qui s'est installé
La nuit où je suis né
Ose lever le voile imparfait
Féroce est le vent qui l'attend
Tant par les balles qu'il charrie
Riposte revêche - sinistre claque
Que par le réveil glacé
Cénacle amer - à mer de flamme
J'écorche l'instant
C'est mon sang qui coule
Je lacère l'espace
C'est mon sang qui coule
J'arrache
Je crève
J'arrache
Je rêve
Ni pitié ni gloire
Ni pleurer ni croire
J'en crève d'être en vie
