Le Cyclotimide Teigneux - 2ème cri

Les pores béants hurlent à la Mort

Hier soir j'étais en berne
Ce matin je suis en meute
Et j'ai un mal fou à tenir toutes ces chiennes en laisse

Le Cyclotimide Teigneux - 1er soupir


Il n'y a pas a avoir peur

Il y a le vertige c'est vrai
Il y a la pensée fendue
Il y a l'esquille frénétique
Il y a la sentence du réveil
Il y a l'humeur retroussée

Il y a des clefs

Les néons s'écroulèrent sous le poids d'un hélas, les propriétaires perdirent leur nom et les signifiés s'en retournèrent au néant

La matière noire ne réchauffe pas

Il fait froid

WIP


"Mais peut-être la grande œuvre d'art a moins d'importance elle-même que dans l'épreuve qu'elle exige d'un homme et l'occasion qu'elle lui fournit de surmonter ses fantômes et d'approcher un peu plus près sa réalité nue." A.Camus

***

Après le cri



D'après le cri d'Edvard Munch

Le cri

La Matière Noire


La matière noire est noire.

la matière noire

La matière noire n'a pas nom. Elle n'en a pas besoin.
Étymologiquement, la matière noire est une mélanomatrice demi-savante, un tronc d'arbre nègre qui produit des rejetons.

La matière noire a connu le père du premier homme. Elle apprécie les hommes à bien des égards – ils sont conscients et peuvent donc la percevoir.

La matière noire est matière. De nature plutôt visqueuse elle se laisse aisément diluer. On peut dire qu’elle coule de source. On serait même tenté de dire qu'elle coule de source vers son origine.

La matière noire a une drôle de mémoire : elle ne se rappelle que de ce qui est en train de se passer. Ca, elle ne l’oublie jamais.

La matière noire ne peut pas être enregistrée.

La matière noire est constamment en manque de nourriture. Son régime est simple : elle n’en a pas. Elle mange des œufs de pâques, des cafards, des envies, des regrets, des retards, des aiguilles de montre, du white spirit, des accords, des partitions, des mensonges, des cafés, des averses, des hésitations, des consensus, des vers, des mots, beaucoup de mots, des phrases aussi et des listes, des listes de toutes les choses que l’on aurait pu faire, de toutes les choses que l'on aurait faite si seulement on avait eu un peu plus de temps, que l'on s’était arrêté, un battement, pas plus, au bord du sillon. Alors, peut-être, assourdis par l’étonnante étendue du silence, aveuglés par la stabilité aigüe du déséquilibre, malaxés par les échos asynchrones d’une justesse folle, alors, peut-être, aurions nous pu gouter à l’évidence et offrir nos restes encore tièdes à la matière noire.

la matière noire

La matière noire est visible de jour comme de nuit. Ses contours comme son volume, sa masse, sa courbure ou sa durée ne sont pas limités.

La matière noire n’est pas une drogue. Cependant, il lui arrive de se travestir en guirlande multicolore pour quelques consciences altérées qu'elle se fera un plaisir d'engloutir aussitôt la parade révolue.

La matière noire ne réchauffe pas.

La matière noire n’est pas uniforme. Elle n'est pas isobare, isotherme ou isomètre.
Elle pourrait l'être bien sûr.

La matière noire ne sait pas conjuguer les verbes ou accorder les genres. C’est probablement pour cela qu’elle ne communique pas en Français.
La matière noire ne communique pas en Espéranto non plus.
Est-ce que la matière noire communique ?
La matière noire ne dit rien.
Est-ce que la matière noire communique ?
La matière noire ne dit toujours rien.

La matière noire peut répondre à toutes les questions.
Jamais, Ô DIEU jamais elle n'y répond!
Telle est sa réponse.

la matière noire

La matière noire ne prétend pas être ce qu’elle n’est pas. Elle n’a donc jamais prétendu être réelle. Elle a bien trop de temps et d’espace pour ce genre de considérations. La matière noire est orgueilleuse.

La matière noire est sensible.
Elle sait se faire toute petite.
Elle sait se retirer.
Elle sait se faire oublier.
La matière noire n’est pas grand-chose finalement.
Et pourtant.
Elle est Tout.

Cadrans

Les pronoms (personnels) réfléchissent


Le reflet de votre vie

Il y a de l’ombre dans la lumière.
L’amour des contrastes s’ajuste au poids des attentes.
Enlisé dans un pathos libertaire, il s’enfuit dans la prairie aux fantasmes.

Certes.

Ta propension à brasser l’air est mesquine. Tu bâtis des cathédrales d’éther et célèbres le vent, tu façonnes des fontaines insensées où tu noies tes angoisses, tu collectionnes les essais…

Elle s’éprend d’un reflet, le sien. Son existence n’a de forme que dans l’espace fortement réfléchissant des autres. Elle, ne réfléchit pas. Son essence et noir. Elle empreinte. Elle éponge. Elle absorbe.

Il s’enterre.
Il s’éteint.

Il se réveille.

S’ils savaient !
Cela ne changerait rien. Ils s’ébattent, c’est mignon. Ils se battent, ça l’est moins. Ils s’entrainent à ne pas se suicider. Certains s’améliorent. Ils se reflètent les uns sur les autres et se nourrissent de leur reflet.

Bref.

Satellites

Nous nous enlassons. Tu trembles. Ton sourire se reflète sur mes lèvres.
Nous ne sommes plus seuls.
Je m’accroche à ta question.
L’espace d’une fission nous sommes la partie qui aperçoit le Tout –
Nous avons assassiné le Temps !
.
.
.
.
Le Temps renaquit aussitôt de nos cendres.


A quoi bon ?
A maintenant.

Le serpent se dévore la queue


Je suis l’amant du présent et la femme qui m’égorge

Chaque mot écrit
Chaque pensée
Chaque étincelle est



L'A-Propos Mort-Né du Singe Savant

La mort du signe

***





L'échelle des Anges - A.Jodorowski

08h30 – 6°

Au carrefour de ses aspirations il prit soudain conscience de sa triste condition ; il était immobile

I – Inspiration

Le manège à merveilles tourne à l’allure des vents habiles fossoyeurs aériens
Déterrent des armées de rictus crispés au cimetière des âmes matinales

II – Retenue

Des roues
Deux
Quatre
Six
Fermées ou vertes
Oranges ou rouges
Aux rouages éprouvés

III – Expiration

L’éboueur démêle les remords
Le facteur traîne des à venir
Les cabots ont d’autres soucis

Il traversa la tête basse mais l’âme en fleur, envahit des six cent promesses de l’autre rive

Défense de stagner

Tout commence par une averse de larmes glacées
Une science de l'angoisse si courante et qui pourtant jamais ne s'épuise
Ces larmentations cimentent cernent sermonnent et serrent les sangles si vicieuses du cercle
What is the problem? That is the problem
Ces larmentations sont le serment de ne jamais vivre
Ecartelé entre une peur et un regret

Le Plan Noir - extraits

Menton n’aimait pas la foule. L’odeur de la sueur lui donnait la nausée. Le contact avec la chaleur moite d’un corps étranger l’étranglait. Il était de ceux que l’on bouscule sans s’excuser, sans même s’en apercevoir. Muse malade pour artiste dérangé, branche fragile à l’allure androgyne,
il traînait péniblement sa carcasse comme un écorché sa peau...



[...] Il voulut voir son visage, gouter aux formes phosphéniques de sa récente désincarnation.
Alors qu’il plaçait l’attention de sa jeune omniscience sur son corps, Menton surprit la plus riche
des perruches perchée sur le moins gauche des pingouins. L’ostensible logique de cette alliance
lui arracha un sourire. La denture ailée s’en alla aussitôt, bercée par les multiples courants d’envers
où baignait la scène...


Témoignage

Les prémices de la révolte

Tensions (des)équilibres et résonnance - 7

Walking & Falling

You're walking.
And you don't always realize it, but you're always falling.
With each step you fall forward slightly.
And then catch yourself from falling.
Over and over, you're falling.
And then catching yourself from falling.
And this is how you can be walking and falling at the same time.

''Walking and falling'' Laurie Anderson