La cohérence capitule.
Le sens, engourdi, souterrain, dort.
Les lumières de la ville au hasard érogène
sous mon air égorgé se lamentent et obtiennent
Un sourire léger et un banc essentiel
Pour atteindre le vent et goûter au dégel
Encore une fois je perds mon deuil de terre
pour aller faire un tour là-haut
Défausser l'appréhension
Effacer les frontières
Dépecer les certitudes
Relativiser la gravité
Inverser la perception
Courtiser la distance
Epouser le recul
Vaincre l'inertie castratrice
Accepter les ecchymoses de l'ubiquité
Concevoir l'inéluctable éclatement de la conscience (et ses éventuelles dérives schizoïdes)
Dompter l'infini
Bouffée de vide
Rempli du beau au B dit vin
Amour du haut (en bas)
Prise en compte du contour ouvert
Prise en compte du nuage âgé (ou pas)
Prise en compte du compteur tout court
La fleur se nourrit
Si l'âme y pleure, l'heure est à l'agencement des scènes, multiples et représentatives
Mensonge
En songe de trêve
Menhir
Enigme de levée
Assujetti au règne mal placé du sujet verbe complément
Je souris d'avance au gouffre d'interprétation qui nous sépare
Les otages avérés font la ligne blême et savourent le sillon revêche de la monotonie;
des milliers d'orbites sèches reflètent inlassablement l'échec de l'espèce.
A qui la faute?
...
..
.
N'en parlons plus
Des recoins les plus sombres de la saine folie jaillit la lumière
Prologue réaliste
Il est des paroles, oral de pierre, qui parviennent à percer ma sourde oreille.
De retour au moyen-ange je verse des larmes de déconstruction massive;
Je m'y noie volontiers.
Ceci étant dit
Sous mes lammes vitreuses
Une femme à canne
Corps beau, funeste
Percussions et mots justes
Emotions asymptotes
Tout autour de l'être
L'arête vibrante
Et dedans déjà
L'écho s'apprête
En sens inverse
Je traverse le Temps
Franchis les frontières
Mélange les anges
Et échange les songes
J'ai tout feu.
L'Un, qu'eau est rence - environ Nantes
Ment, torse *
Infecte mon serre-veau.
Je croîs
Qui laid leurre dans visage agé
Une sorte d'ortie
* Lésion douloureuse par élongation ou déchirure de l'ar-ti-cu-la-tion
Mon œil a mal, je le plains:
"Oui mon œil, je temps plein des sévices..."
L'oreille aussi est en deuil, bien entendu.
L'odeur du verre entaille féroce et mon nez n'est plus.
Le vent m'ampute,
L'amer des gouttes,
je perds l'essence et la raison:
c'est l'encens à serre qui circule.
Féroce est le vent qui l'attend
Tant par les balles qu'il charrie
Riposte revêche - sinistre claque
Que par le réveil glacé
Cénacle amer - à mer de flamme
Amant souffrance ouvrage des coups
La banque, enfin. Je prends ton courage à une main et m'insère dans la fente.
Face au banquier rôti et à l'abris des regards indiscrets - un ficus ivre me dévisage -
j'extrais le bocal de larmes sechées de mon abdomen et l'éclate délicatement sur le comptoir.
Entre deux tessons:
-"Le sens est mort!"
Percevant subitement mon manque d'intérêt pour ses investissements, le banquisard stoïque perd son masque et rétorque d'une voix monoton:
-"Et alors?"
-"Et alors je vous exhorte poliment de foutre le camp, sur le champ."
-"Cela n'a pas de sens..."
-"Certainement! C'est pourquoi quand j'aurai compté jusqu'à trois..."
Je compte alors jusqu'à toi et l'ex-banquier se métamorphose ipso facto en un bouquet de prose.
Mon plan se déroule comme un vieux manuscrit...
Prochaine étape: l'assurance vie, j'ai grassement besoin de retrouver l'appétit.
Solitude mon amour,
protège moi du confort trop aveugle et petit des réponses erronées qu'on s'invente le lundi,
empèche moi de goûter à la simplicité borgne d'un chemin tout tracé, confiné sans vergogne,
amène moi face à moi, masochiste et gaté, cultiver tous mes vices, nauséeux et raté.
Solitude mon amour,
je te hais.
En corps épuisé, cyclotimide, teigneux
La chair déteint sur l'âme
Vibrations à souhait
Inspiration
Aspiration
.
.
.
.
Expiration.
Parfum d'averse à larmes tacites
Errance en soie et or
Pendule à mort féerique
Je me noie dans une mare de café ionique
Les gens sont pâles
Pâles et seuls
Je plains les gens
Je peins le temps
Le temps qui tue les gens
L'argent qui tue le temps
Et le sens se perd
Et l'essence se paie
avec de l'argent
L'Amour est mort
La mort aime l'argent
Les morts causent
Ils causent de rien
Ils causent de choses - chères
Ils chérissent leur chair - morte
Au chaud dans leurs choses
L'air en pâtit
Les fleurs fanent
Le sol pleure
Les feuilles flanchent
Et la Terre tourne
Avec ses gens pâles
Pâles et seuls
Dimanche 4 Septembre 2005 - Bamboo Bar - Danang, Vietnam.
Autour d'une bouteille de rhum à 30 000 Dong ( ou était-ce du whisky? ), Spook et Jacob H., poëte impeccable, réécrivent le blues.
D'une voix sobre et juste, Jacob nous improvise une virée lyrique sur les rives du Mississipi pour nous chanter l'amour et le partage.
A ne pas manquer, l'intervention en fin de morceau du vertueux "Josh from Canada" ex-pompier reconverti ( 292 | 310 ).
"Another day / I was moving and going / with her and her / and I was pushing so hard so hard / like she was in me / she was moaning and groaning"
"and there was music in me / because every stroke was music / every stroke was laughter / every stroke was screams / baby / every stroke was poetry / Slow slow slow poetry"
"it was electrified / or painted on the wall / it was dragons and it was other things"
"it was god / and it was satan"
"my little death in hers"
La cohérence capitule.
Le sens, sublimé, aérien, danse.
Des nuages ferrés aux accents vert-terre,
sous ma plume fumante se prélassent à la bière.
Ce coucher de silence - horizon en tailleur -
donne une fleur à mes sens et un sens à ma fleur.
Encore une fois je perds mon deuil de terre
pour aller faire un tour là haut.
Décor: des corps sans vie s'envient,
S'ennuient sans nuit, s'enterrent sans terre.
Blâmons la montée lasse -hélas-
Des airs déserts, dessert des serres.
Laissons les sons secrets se créer;
Soleil sous l'oeil dénote des notes,
La mer amère étonne et tonne,
Le vent levant décrit des cris.
Mesure du vide, vague à larme; je pèse mes maux.
Jeux de mer,
je m'en terre.
Paupières lasses,
je m'efface.
Le temps d'une passe à l'arrière gouffre amer,
le parfum chaste de ces portes ouvertes à double tour m'enivre...
Non Liberté ne se boit pas au petit déjeuner,
Bonheur n'est pas climatisé,
Confiance ne souscrit pas de prêt,
Beauté ne mincit pas l'été,
Respect ne chausse pas les pieds
et Amour n'a que faire d'un chéquier.
Publicitaire, de bonne ou mauvaise volonté,
tu violes des Anges.
Pour passer le temps
Pour nourrir ma fleur
Pour raconter
Pour écouter
Pour changer
Pour dénoncer
Pour ne pas t'entendre
Pour ne pas te voir
Pour penser à toi
Pour penser à moi
Pour la musique
Pour mon égo
Pour tes yeux
Pour mes mains
Pour partager
Pour donner
Pour prendre
Pour éviter
Pour fuir
Pour grandir
Pour transformer
Pour exister
Pour disparaître